Conjugated estrogens

Notice : informations pour le patient

Veillez à lire attentivement cette notice avant de commencer à prendre Œstrogènes conjugués. Elle contient des informations importantes pour votre traitement. Si vous avez des questions après avoir lu cette notice, adressez-vous à votre médecin ou à votre pharmacien.

Conservez cette notice. Vous pourriez avoir besoin de la relire.

Ne prenez pas ce médicament pour une autre personne. Il est prescrit pour vous uniquement. Ne donnez pas ce médicament à d’autres personnes. Il pourrait leur être nuisible, même si les signes de leur maladie sont identiques aux vôtres.

Si vous ressentez un quelconque effet indésirable, parlez-en à votre médecin ou votre pharmacien. Ceci s’applique aussi à tout effet indésirable non mentionné dans cette notice. Vous pouvez également déclarer les effets indésirables directement via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance – Site internet : www.signalement-sante.gouv.fr. En déclarant les effets indésirables, vous aidez à fournir davantage d’informations sur la sécurité du médicament.

Sommaire

  1. Qu’est-ce que Œstrogènes conjugués et dans quels cas on l’utilise
  2. Ce qu’il faut savoir avant de prendre Œstrogènes conjugués
  3. Comment prendre Œstrogènes conjugués
  4. Effets indésirables possibles
  5. Comment conserver Œstrogènes conjugués
  6. Contenu de la boîte et autres informations

1. Qu’est-ce que Œstrogènes conjugués et dans quels cas on l’utilise

Œstrogènes conjugués est un médicament hormonal appartenant à la classe des thérapies hormonales substitutives (THS). Il contient comme principe actif un mélange d’œstrogènes conjugués d’origine équine, composé principalement de sulfate d’œstrone, de sulfate d’équiline et d’autres estrogènes conjugués naturels. Ces substances sont des formes de l’hormone œstrogène, qui est produite naturellement par les ovaires chez la femme avant la ménopause.

Le mécanisme d’action des œstrogènes conjugués consiste à remplacer les œstrogènes endogènes dont les niveaux diminuent après la ménopause. Ils se lient aux récepteurs œstrogéniques dans divers tissus, tels que l’utérus, les os, le système cardiovasculaire et le cerveau, exerçant des effets physiologiques similaires à ceux des œstrogènes naturels. Cela aide à soulager les symptômes liés à la carence hormonale.

Œstrogènes conjugués est indiqué chez les femmes ménopausées pour :

  • Le traitement des symptômes de la ménopause, tels que les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, les troubles du sommeil, les changements d’humeur et la sécheresse vaginale. Ces symptômes sont dus à la baisse des niveaux d’œstrogènes et peuvent significativement affecter la qualité de vie. Des études cliniques, comme celles menées sur des formulations similaires (par exemple, Premarin®), ont démontré une réduction significative de ces symptômes chez plus de 80 % des patientes après 3 à 6 mois de traitement.
  • La prévention de l’ostéoporose post-ménopausique chez les femmes à risque élevé de fractures futures, qui ne peuvent pas prendre d’autres traitements préventifs. Les œstrogènes conjugués inhibent la résorption osseuse en se liant aux récepteurs dans les ostéoblastes et ostéoclastes, augmentant ainsi la densité minérale osseuse. Des méta-analyses, incluant des essais randomisés contrôlés comme la Women’s Health Initiative (WHI), confirment une réduction du risque de fractures de hanche et de vertèbres de 30 à 50 % chez les femmes traitées par THS œstrogénique.

Comparé à d’autres THS, tels que les œstrogènes bioidentiques (par exemple, l’œstradiol transdermique), les œstrogènes conjugués offrent une absorption orale stable et une efficacité prouvée sur les symptômes vasomoteurs, bien que leur profil de risque thrombotique soit similaire. Ils ne sont pas indiqués pour d’autres usages, comme la contraception ou le traitement de l’endométriose, et ne doivent être utilisés qu’après une évaluation médicale approfondie des bénéfices et risques.

Ce médicament n’est pas adapté aux hommes ou aux enfants, et son utilisation est limitée aux femmes en post-ménopause confirmée (généralement après 12 mois sans règles).

2. Ce qu’il faut savoir avant de prendre Œstrogènes conjugués

Ne prenez jamais Œstrogènes conjugués dans les cas suivants

Œstrogènes conjugués est contre-indiqué et ne doit pas être pris si :

  • Vous êtes hypersensible au principe actif (mélange d’œstrogènes conjugués) ou à l’un des excipients mentionnés à la section 6.
  • Vous avez, avez eu ou soupçonnez un cancer du sein ou un cancer œstrogéno-dépendant (par exemple, cancer de l’endomètre).
  • Vous avez un cancer non diagnostiqué du sein ou de l’endomètre avec saignements vaginaux inexpliqués.
  • Vous avez un antécédent de cancer de l’endomètre ou un hyperplasie endométriale non traitée.
  • Vous avez une maladie thromboembolique veineuse actuelle ou antérieure (thrombose veineuse profonde, embolie pulmonaire).
  • Vous avez une maladie thromboembolique artérielle active ou antérieure (angor, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral).
  • Vous avez une porphyirie hépatique (maladie rare du foie).
  • Vous avez un antécédent de réaction allergique grave aux œstrogènes ou une intolérance au lactose (présent comme excipient).

Ces contre-indications sont basées sur des données épidémiologiques et des essais cliniques montrant un risque accru de récidive ou de complications chez ces patientes.

Prenez des précautions particulières avec Œstrogènes conjugués

Avant et pendant le traitement, informez votre médecin si :

  • Vous avez des antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein, de l’ovaire, de l’endomètre ou de thrombose.
  • Vous avez une maladie hépatique (ictère, nodules hépatiques bénins ou malins) ou une insuffisance hépatique.
  • Vous souffrez d’endométriose ou de fibromes utérins, car les œstrogènes peuvent aggraver ces conditions.
  • Vous avez des troubles de la coagulation ou des facteurs de risque de thrombose (obésité, tabagisme, hypertension, diabète).
  • Vous avez des antécédents de migraines ou d’épilepsie, car les œstrogènes peuvent influencer ces affections.
  • Vous avez une hypertriglycéridémie (taux élevés de triglycérides dans le sang), qui peut augmenter sous THS.
  • Vous avez une hypothyroïdie non contrôlée, nécessitant un ajustement de la dose de thyroxine.

Des examens médicaux réguliers (y compris mammographie et examen gynécologique) sont recommandés au moins une fois par an pour détecter tout signe précoce de cancer ou d’effets indésirables. Le traitement doit être réévalué périodiquement pour confirmer la persistance des symptômes et minimiser les risques. Chez les femmes avec utérus intact, une progestagène doit être associée pour prévenir l’hyperplasie endométriale, contrairement aux traitements œstrogéniques seuls.

Enfants et adolescents

Œstrogènes conjugués n’est pas indiqué chez les enfants et adolescents. Son utilisation est limitée aux femmes adultes en post-ménopause.

Autres médicaments et Œstrogènes conjugués

Informe votre médecin ou pharmacien si vous prenez, avez récemment pris ou pourriez prendre tout autre médicament. Les interactions possibles incluent :

  • Inducteurs enzymatiques comme les anticonvulsivants (phénytoïne, carbamazépine) ou la rifampicine, qui peuvent réduire l’efficacité des œstrogènes en accélérant leur métabolisme hépatique.
  • Inhibiteurs du CYP3A4 comme le kétoconazole ou l’érythromycine, qui peuvent augmenter les niveaux d’œstrogènes et les effets indésirables.
  • Anticoagulants comme la warfarine, où les œstrogènes peuvent altérer l’effet anticoagulant.
  • Médicaments pour le diabète (insuline, sulfonylurées), car les œstrogènes peuvent influencer la glycémie.
  • Autres hormones, comme les corticoïdes ou les THS combinées, nécessitant une surveillance accrue.

Comparé à des THS comme l’œstradiol (Estrace®), les œstrogènes conjugués ont un profil d’interaction similaire, mais leur métabolisme sulfoconjugué peut varier avec les inhibiteurs de la sulfatation.

Œstrogènes conjugués avec des aliments, boissons et de l’alcool

Les comprimés peuvent être pris avec ou sans aliments. Évitez une consommation excessive d’alcool, car elle peut augmenter le risque de lésions hépatiques et interagir avec les effets des œstrogènes sur le foie. Pas d’interaction spécifique avec les aliments, mais une alimentation riche en fibres est recommandée pour minimiser les troubles digestifs.

Grossesse et allaitement

Œstrogènes conjugués est contre-indiqué pendant la grossesse. Si vous êtes enceinte ou pensez l’être, consultez immédiatement votre médecin. Les œstrogènes peuvent causer des malformations fœtales, comme démontré dans des études animales et observationnelles.

Ne pas utiliser pendant l’allaitement, car les œstrogènes passent dans le lait maternel et peuvent affecter le nourrisson.

Conduite de véhicules et utilisation de machines

Œstrogènes conjugués n’a pas d’effet ou un effet négligeable sur l’aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines. Cependant, si vous ressentez des vertiges ou des maux de tête, évitez ces activités jusqu’à résolution.

Œstrogènes conjugués contient du lactose et du sodium

Ce médicament contient du lactose monohydraté (environ 100 mg par comprimé), qui peut être problématique pour les patients présentant une intolérance au galactose, un déficit en lactase de Lapp ou un malabsorption du glucose-galactose. Consultez votre médecin si cela vous concerne.

Il contient également moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par comprimé, ce qui est considéré comme « sans sodium » et adapté aux régimes hyposodés.

3. Comment prendre Œstrogènes conjugués

Respectez toujours les indications de votre médecin. En cas de doute, consultez-le.

Posologie

La dose recommandée est de 0,3 mg à 1,25 mg par jour, selon la sévérité des symptômes et la réponse individuelle. Pour les symptômes ménopausiques, commencez par la dose minimale efficace (généralement 0,625 mg/jour). Pour la prévention de l’ostéoporose, 0,625 mg/jour est souvent suffisant.

  • Chez les femmes avec utérus intact, associez une progestagène (par exemple, 10 jours par mois ou en continu) pour protéger l’endomètre.
  • Ajustez la dose après 3 mois ; le traitement le plus court possible est préféré.
  • Ne pas dépasser 1,25 mg/jour sans avis médical.

Des études comme la WHI ont montré que des doses plus élevées augmentent les risques sans bénéfice supplémentaire significatif.

Mode d’administration

Prenez les comprimés par voie orale, en une seule prise quotidienne, de préférence à la même heure chaque jour. Avalez le comprimé entier avec un verre d’eau, avec ou sans nourriture.

Si vous oubliez une dose, prenez-la dès que possible le jour même ; sinon, reprenez le schéma normal. Ne prenez pas de dose double pour compenser.

Si vous avez pris Œstrogènes conjugués plus que vous n’auriez dû

En cas de surdosage, des symptômes comme nausées, vomissements, saignements vaginaux ou gonflement des seins peuvent survenir. Contactez immédiatement votre médecin ou les urgences (15 en France). Un lavage gastrique ou un traitement symptomatique peut être nécessaire. Des cas rapportés indiquent une réversibilité rapide des symptômes.

Si vous avez l’impression que l’effet de Œstrogènes conjugués est trop fort ou trop faible, parlez-en à votre médecin.

4. Effets indésirables possibles

Comme tout médicament, Œstrogènes conjugués peut provoquer des effets indésirables, bien qu’ils ne touchent pas toutes les personnes. Les effets sont classés par fréquence : très fréquents (≥1/10), fréquents (≥1/100 à <1/10), peu fréquents (≥1/1 000 à <1/100), rares (≥1/10 000 à <1/1 000), très rares (<1/10 000) et de fréquence indéterminée.

Des données issues d’essais cliniques (plus de 10 000 patientes) et de pharmacovigilance confirment ces profils.

Effets indésirables très fréquents

  • Saignements vaginaux ou spotting (chez les femmes avec utérus intact sans progestagène associée).
  • Gonflement des seins ou sensibilité mammaire.
  • Augmentation de la tension artérielle.

Effets indésirables fréquents

  • Nausées, douleurs abdominales ou ballonnements.
  • Maux de tête ou migraines.
  • Prise de poids ou rétention hydrique.
  • Changements d’humeur, irritabilité ou dépression.
  • Sécheresse vaginale (paradoxalement au début du traitement).

Effets indésirables peu fréquents

  • Changements de la libido.
  • Vertiges ou fatigue.
  • Augmentation des triglycérides ou altération du profil lipidique.
  • Chutes de cheveux ou acné.

Effets indésirables rares

  • Thrombose veineuse profonde (douleur, gonflement des jambes) ou embolie pulmonaire (essoufflement soudain, douleur thoracique).
  • Infarctus du myocarde ou accident vasculaire cérébral (signes : douleur thoracique, paralysie, troubles de la vision).
  • Cancer du sein (risque accru après 5 ans de THS, selon la WHI : +26 % chez les utilisatrices).
  • Hyperplasie endométriale ou cancer de l’endomètre (risque multiplié par 2-10 sans progestagène).
  • Tumeurs hépatiques bénignes ou malignes (douleurs abdominales, ictère).
  • Cholestase ou hépatite.
  • Galactorrhée (écoulement mammaire).

Effets indésirables très rares

  • Réactions allergiques graves (éruptions, urticaire, œdème de Quincke, anaphylaxie).
  • Aggravation de l’endométriose ou fibromes.
  • Crises d’épilepsie ou aggravation de la porphyrie.

Effets indésirables de fréquence indéterminée

  • Déclin cognitif ou démence (risque chez les femmes de plus de 65 ans, selon études observationnelles).
  • Cancer de l’ovaire (léger risque accru).
  • Exacerbation de l’angio-œdème chez les patientes prédisposées.

Effets indésirables graves : Arrêtez immédiatement le traitement et consultez un médecin en cas de signes de thrombose, d’infarctus, d’AVC ou de saignements inhabituels. Le risque de cancer du sein est comparable à celui observé avec d’autres THS comme l’œstradiol combiné, mais inférieur à celui d’une grossesse à terme.

Déclarez tout effet indésirable suspecté à votre médecin ou pharmacien. Cela contribue à une meilleure surveillance de la sécurité des médicaments.

5. Comment conserver Œstrogènes conjugués

Tenir ce médicament hors de la vue et de la portée des enfants.

Ne pas utiliser ce médicament après la date de péremption indiquée sur la boîte et l’ampoule après « EXP ». La date de péremption fait référence au dernier jour de ce mois.

Conserver à une température ne dépassant pas 25 °C, à l’abri de l’humidité et de la lumière. Les études de stabilité confirment une conservation optimale dans ces conditions jusqu’en 2026 pour les lots actuels.

Ne jetez aucun médicament au tout à l’égout ou avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien d’éliminer les médicaments que vous n’utilisez plus. Ces mesures contribueront à protéger l’environnement.

6. Contenu de la boîte et autres informations

Ce que contient Œstrogènes conjugués

Principes actifs : Mélange d’œstrogènes conjugués (sulfate d’œstrone, sulfate d’équiline, sulfate de 17α-dihydroéquiline, sulfate d’équilénine, sulfate de 17α-estradiol et sulfate de 17β-dihydroéquiline). Chaque comprimé contient 0,3 mg, 0,625 mg ou 1,25 mg d’œstrogènes conjugués.

Autres composants (excipients) : Lactose monohydraté, stéarate de calcium, amidon de maïs, gélatine, talc, saccharose, dioxyde de titane (E171), oxyde de fer rouge (E172) pour le pelliculage.

Qu’est-ce que Œstrogènes conjugués et contenu de l’emballage extérieur

Œstrogènes conjugués se présente sous forme de comprimés pelliculés ronds, biconvexes, de couleur orange (pour 0,625 mg) ou jaune (pour autres doses), gravés avec le dosage. Diamètre environ 6 mm.

Les boîtes contiennent 28, 84 ou 100 comprimés en flacon de polyéthylène haute densité (HDPE) avec bouchon à vis, ou en plaquettes PVC/Aluminium.

Toutes les présentations peuvent ne pas être commercialisées.

Titulaire de l’autorisation de mise sur le marché et fabricant

Titulaire : Pfizer France, 11 rue Pierre et Marie Curie, 75483 Paris Cedex 10, France.

Fabricant : Wyeth Pharmaceuticals, Louvain-la-Neuve, Belgique, ou Pfizer Pharmaceuticals LLC, Vega Baja, Porto Rico.

Pour toute information complémentaire sur ce médicament, veuillez consulter le site internet de l’ANSM : www.ansm.sante.fr.

Date de la dernière révision de la notice : Janvier 2026.

Autres sources d’information détaillées sur les traitements par THS sont disponibles auprès de votre médecin ou via des associations de patients comme l’Association Française pour la Prévention des Troubles de la Ménopause.