Clomiphene

Notice : informations pour le patient

Veillez à lire attentivement cette notice avant de commencer à prendre Clomifène. Elle contient des informations importantes sur votre médicament. Si vous avez des doutes, consultez votre médecin ou votre pharmacien. Conservez cette notice. Vous pourriez avoir besoin de la relire. Ne partagez pas ce médicament avec d’autres personnes, même si elles présentent les mêmes symptômes, car cela pourrait leur nuire. En cas d’effets indésirables, signalez-les à votre médecin, à votre pharmacien ou au Centre Régional de Pharmacovigilance (numéro indiqué à la fin de cette notice). Vous pouvez également signaler les effets indésirables directement via le système national de déclaration : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et réseau des Centres Régionaux de Pharmacovigilance – Site internet : www.signalement.social-sante.gouv.fr. En signalant les effets indésirables, vous contribuez à améliorer la sécurité des médicaments.

Sommaire

  • 1. Que est-ce que Clomifène et dans quels cas peut-on l’utiliser ?
  • 2. Que faut-il savoir avant de prendre Clomifène ?
  • 3. Comment prendre Clomifène ?
  • 4. Quels sont les effets indésirables éventuels ?
  • 5. Comment conserver Clomifène ?
  • 6. Contenu de la boîte et autres informations

1. Que est-ce que Clomifène et dans quels cas peut-on l’utiliser ?

Clomifène est un médicament appartenant à la classe des modulateurs sélectifs des récepteurs aux œstrogènes (SERM). Son principe actif est le citrate de clomifène, une substance synthétique dérivée non stéroïdien qui agit principalement sur le système endocrinien reproducteur féminin.

Le mécanisme d’action du clomifène consiste à bloquer les récepteurs aux œstrogènes dans l’hypothalamus, une région du cerveau qui régule la production d’hormones gonadotrophines. En inhibant l’effet négatif des œstrogènes circulants, le clomifène stimule la libération de l’hormone folliculo-stimulante (FSH) et de l’hormone lutéinisante (LH) par l’hypophyse. Cela favorise la croissance folliculaire ovarienne et l’ovulation chez les femmes présentant une dysfonction ovulatoire. Contrairement aux gonadotrophines exogènes comme la ménopause urinaire (hMG) ou le FSH recombinant, qui agissent directement sur les ovaires, le clomifène intervient en amont au niveau central, rendant son utilisation plus simple et moins invasive pour un traitement initial de première ligne.

Clomifène est indiqué dans le traitement de l’infertilité féminine due à une dysovulation ou une anovulation d’origine fonctionnelle, chez les femmes en âge de procréer désirant une grossesse. Il est particulièrement utile dans les cas d’infertilité idiopathique ou liée à un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) léger, où l’ovulation est absente ou irrégulière. Ce médicament n’est pas indiqué pour les causes d’infertilité masculine, tubaire ou utérine, bien qu’il puisse être utilisé off-label chez l’homme pour stimuler la spermatogenèse dans certains cas d’hypogonadisme hypogonadotrophique, mais cela nécessite une surveillance médicale stricte.

En comparaison avec d’autres traitements de la fertilité, tels que le létrozole (un inhibiteur de l’aromatase utilisé comme alternative dans le SOPK), le clomifène présente un profil de coût moindre et une administration orale facile, mais il peut être moins efficace chez les patientes obèses en raison d’une absorption réduite. Des études cliniques, comme celles publiées dans le Cochrane Database of Systematic Reviews (dernières mises à jour en 2023), montrent que le clomifène induit une ovulation chez environ 70-80 % des femmes anovulatoires, avec un taux de grossesse cumulatif de 50-60 % après six cycles, comparable à celui des gonadotrophines mais avec un risque moindre d’hyperstimulation ovarienne.

Ce médicament ne doit être utilisé que sous prescription médicale et dans le cadre d’un suivi gynécologique régulier, incluant des échographies et des dosages hormonaux, pour optimiser les chances de succès et minimiser les risques.

2. Que faut-il savoir avant de prendre Clomifène ?

Ne prenez jamais Clomifène dans les cas suivants

Clomifène est contre-indiqué et ne doit pas être pris si :

  • Vous êtes allergique au citrate de clomifène ou à l’un des autres composants contenus dans ce médicament (reportez-vous à la section 6).
  • Vous êtes enceinte ou si une grossesse est suspectée. Une exposition au clomifène pendant la grossesse peut entraîner des malformations fœtales, notamment au niveau du système nerveux central ou des organes génitaux.
  • Vous allaitez. Le clomifène est excrété dans le lait maternel et peut affecter le nourrisson.
  • Vous présentez une insuffisance hépatique ou une maladie hépatique active, car le métabolisme du clomifène dépend du foie.
  • Vous avez des kystes ovariens non fonctionnels ou des tumeurs ovariennes, utérines ou hypophysaires, car le médicament pourrait les aggraver.
  • Vous souffrez de saignements vaginaux anormaux non diagnostiqués.
  • Vous avez une hypersensibilité connue aux œstrogènes ou une porphyrie.

Prenez des précautions particulières avec Clomifène

Avant de commencer le traitement, informez votre médecin si :

  • Vous avez des antécédents de troubles visuels, de migraines ou de troubles vasculaires, car le clomifène peut rarely causer des troubles visuels réversibles (flou, phosphènes) dus à une cornée œdématisée.
  • Vous présentez un risque de grossesse multiple, car le clomifène augmente le risque de jumeaux (jusqu’à 10 %) ou de triplés (1-2 %), ce qui peut compliquer la grossesse.
  • Vous avez des antécédents d’hyperstimulation ovarienne (HSO), une complication potentiellement grave caractérisée par une augmentation de la perméabilité capillaire, des douleurs abdominales, une ascite et un risque thrombotique. L’HSO survient chez moins de 1 % des patientes mais nécessite une surveillance échographique.
  • Vous êtes obèse (IMC > 30), car cela peut réduire l’efficacité du traitement en diminuant l’absorption intestinale.
  • Vous avez des antécédents de cancer hormono-dépendant (sein, ovaire, endomètre), bien que le clomifène soit généralement évité dans ces cas ; des études à long terme suggèrent un risque légèrement accru de cancer ovarien après usage prolongé, mais cela reste controversé.

Le traitement ne doit pas dépasser six cycles pour éviter les risques cumulatifs. Un suivi médical est essentiel, incluant des examens ophtalmologiques en cas de symptômes visuels et une évaluation de la réserve ovarienne.

Enfants et adolescents

Clomifène n’est pas indiqué chez les enfants et adolescents de moins de 18 ans, en raison de l’absence de données sur son utilisation dans cette population.

Autres médicaments et Clomifène

Informez votre médecin ou pharmacien si vous prenez, avez récemment pris ou pourriez prendre tout autre médicament. Les interactions notables incluent :

  • Les gonadotrophines (hMG, FSH) : risque accru d’HSO si associés.
  • Les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (ISRS) ou d’autres antidépresseurs : possible augmentation des troubles visuels.
  • Les médicaments hépatotoxiques (comme le paracétamol en excès) : peuvent aggraver les effets hépatiques du clomifène.
  • Les contraceptifs hormonaux : ne pas utiliser en concomitance, car ils contrecarrent l’effet inducteur d’ovulation.

En comparaison avec le tamoxifène (un autre SERM utilisé en oncologie), le clomifène a un profil d’interaction similaire mais est plus spécifique à la fertilité.

Clomifène avec des aliments, boissons et de l’alcool

Le clomifène peut être pris avec ou sans aliments. Évitez la consommation excessive d’alcool, car elle peut interférer avec la fonction hépatique et ovulatoire. Aucune interaction spécifique avec les aliments n’est rapportée, mais une alimentation équilibrée est recommandée pour optimiser la fertilité.

Grossesse et allaitement

Le clomifène est contre-indiqué pendant la grossesse et l’allaitement (voir section “Ne prenez jamais”). Un test de grossesse négatif est requis avant chaque cycle. Si une grossesse survient pendant le traitement, arrêtez immédiatement le médicament et consultez votre médecin.

Conduite de véhicules et utilisation de machines

Le clomifène peut rarely causer des troubles visuels ou des vertiges. Si ces symptômes apparaissent, ne conduisez pas et n’utilisez pas de machines jusqu’à résolution. Soyez prudent lors de la conduite, surtout au début du traitement.

Clomifène contient du lactose et du sodium

Ce médicament contient du lactose monohydraté (environ 100 mg par comprimé), un excipient qui peut être problématique pour les patients présentant une intolérance au galactose, un déficit en lactase de Lapp ou une malabsorption du glucose-galactose. Consultez votre médecin si cela vous concerne. Il contient également moins de 1 mmol (23 mg) de sodium par comprimé, ce qui le rend essentiellement “sans sodium”.

3. Comment prendre Clomifène ?

Respectez toujours les indications de votre médecin. Si vous avez des doutes, consultez-le ou votre pharmacien.

Posologie

La posologie recommandée est de 50 mg par jour (un comprimé), pris oralement pendant 5 jours, débutant généralement le 5e jour du cycle menstruel (ou après une saignée de privation si cycle artificiel). Si l’ovulation n’est pas induite, une dose de 100 mg par jour peut être prescrite lors des cycles suivants, sans dépasser 100 mg/jour ni 5 jours par cycle. Le traitement est limité à six cycles au total.

Pour les patientes ne répondant pas à 50 mg, des protocoles alternatifs comme le létrozole (2,5-5 mg/jour) peuvent être considérés, mais cela relève de la décision médicale.

Mode d’administration

Avalez le comprimé entier avec un verre d’eau, de préférence à la même heure chaque jour. Ne pas mâcher ni écraser. Le suivi inclut des échographies transvaginales pour détecter l’ovulation (pic de LH ou follicule mature > 18 mm).

Si vous avez pris Clomifène plus que vous n’auriez dû

En cas de surdosage (par exemple, > 100 mg/jour), des symptômes comme des bouffées de chaleur intenses, des nausées ou une HSO peuvent survenir. Contactez immédiatement votre médecin ou les urgences (15 en France). Un lavage gastrique ou un traitement symptomatique peut être nécessaire. Des cas d’overdose rapportés dans la littérature montrent une réversibilité sans séquelles graves si pris en charge précocement.

Si vous oubliez de prendre Clomifène

Prenez la dose oubliée dès que possible, sauf si c’est proche de la dose suivante. Ne prenez pas de dose double pour compenser. Informez votre médecin si plusieurs doses sont manquées, car cela peut affecter l’ovulation.

Si vous arrêtez de prendre Clomifène

N’arrêtez pas sans avis médical, car cela pourrait compromettre les chances de grossesse. Un arrêt brutal n’entraîne pas de sevrage, mais le cycle doit être monitoré.

Si vous avez d’autres questions sur l’utilisation de ce médicament, demandez plus d’informations à votre médecin ou pharmacien.

4. Quels sont les effets indésirables éventuels ?

Comme tout médicament, ce médicament peut provoquer des effets indésirables, mais ils ne surviennent pas systématiquement chez tout le monde. Les effets indésirables sont classés par fréquence : très fréquents (≥ 1 personne sur 10), fréquents (≥ 1 sur 100 à < 1 sur 10), peu fréquents (≥ 1 sur 1 000 à < 1 sur 100), rares (≥ 1 sur 10 000 à < 1 sur 1 000), très rares (< 1 sur 10 000) et de fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles).

Effets indésirables très fréquents

  • Bouffées de chaleur (similaires à une ménopause précoce, dues à l’effet anti-œstrogénique).

Effets indésirables fréquents

  • Augmentation du volume ovarien (souvent asymptomatique, détectée par échographie).
  • Ballonnements abdominaux et douleurs pelviennes légères.
  • Saignements utérins anormaux ou spotting.
  • Prise de poids modérée.
  • Ecchymoses ou sensibilité mammaire.

Effets indésirables peu fréquents

  • Hyperstimulation ovarienne modérée (douleurs abdominales, nausées, vomissements).
  • Troubles digestifs (nausées, diarrhée).
  • Céphalées ou migraines.
  • Dépression ou irritabilité (liées aux fluctuations hormonales).

Effets indésirables rares

  • Troubles visuels : flou de vision, diplopie, phosphènes ou scotomes (peuvent être réversibles mais nécessitent un arrêt immédiat et une consultation ophtalmologique ; incidence < 2 %).
  • Hyperstimulation ovarienne sévère (HSO) : ascite, épanchement pleural, thrombose veineuse ; risque accru en cas de grossesse multiple.
  • Élévation des transaminases hépatiques (surveillance requise chez les patientes à risque).
  • Vertiges ou fatigue.

Effets indésirables très rares

  • Réactions allergiques (éruptions cutanées, urticaire, dyspnée).
  • Tumeurs ovariennes (risque théorique à long terme, non confirmé par des méta-analyses récentes).
  • Convulsions ou troubles neuropsychiques (exceptionnels).

Effets indésirables de fréquence indéterminée

  • Risque de cancer ovarien ou endométrial après usage prolongé (données observationnelles ; le risque absolu reste faible, < 1/1 000, comparé au tamoxifène qui a un risque plus élevé).
  • Grossesses multiples (jumeaux 5-10 %, triplés < 1 %).

Les effets indésirables graves comme l’HSO ou les troubles visuels nécessitent une prise en charge hospitalière immédiate. En comparaison avec les gonadotrophines, le clomifène a un profil de tolérance meilleur, avec moins d’HSO sévère (0,5 % vs 2-5 %).

Déclaration des effets indésirables : La déclaration des effets indésirables suspectés contribue à une meilleure information sur la sécurité du médicament. Vous pouvez déclarer tout effet indésirable suspecté via le système national (voir introduction).

5. Comment conserver Clomifène ?

Tenir ce médicament hors de la vue et de la portée des enfants.

Ne pas utiliser ce médicament après la date de péremption indiquée sur la boîte et l’ampoule après “EXP”. La date de péremption fait référence au dernier jour de ce mois.

Conserver à une température ne dépassant pas 25 °C, à l’abri de l’humidité et de la lumière. Ne pas conserver au réfrigérateur.

Ne jetez aucun médicament au tout à l’égout ou avec les ordures ménagères. Demandez à votre pharmacien de jeter les médicaments que vous n’utilisez plus. Ces mesures aideront à protéger l’environnement.

6. Contenu de la boîte et autres informations

Ce que contient Clomifène

  • Le principe actif est : citrate de clomifène. Un comprimé contient 50 mg de citrate de clomifène (équivalent à 50 mg de clomifène base).
  • Les autres composants sont : lactose monohydraté, stéarate de magnésium, amidon de maïs, gélatine, talc, stéarate de calcium. (Voir section 2 pour les excipients à effet notoire).

Qu’est-ce que Clomifène et contenu de l’emballage extérieur

Clomifène se présente sous forme de comprimés pelliculés ronds, blancs à blanc cassé, d’un diamètre d’environ 7 mm, gravés avec le dosage. Ils sont conditionnés en plaquettes PVC/Alu.

Les boîtes contiennent 10, 20 ou 30 comprimés (correspondant à 1, 2 ou 3 cycles de traitement). Toutes les présentations peuvent ne pas être commercialisées.

Titulaire de l’autorisation de mise sur le marché et fabricant

Titulaire : Laboratoire Pharmaceutique Français, 123 Rue de la Santé, 75000 Paris, France.

Fabricant : Usine de Production Médicaments, Zone Industrielle, 69000 Lyon, France.

Pour toute information complémentaire sur ce médicament, veuillez consulter le site internet de l’ANSM : www.ansm.sante.fr. Dernière mise à jour de la notice : janvier 2026.

Ce médicament est soumis à prescription médicale. Respectez les doses prescrites.