Notice : informations pour le patient
Veillez à lire attentivement cette notice avant de commencer à prendre Bromocriptine. Elle contient des informations importantes pour votre traitement. Si vous avez des questions, consultez votre médecin ou votre pharmacien. Conservez cette notice ; vous pourriez avoir besoin de la relire. Ne partagez pas ce médicament avec d’autres personnes, même si elles présentent les mêmes symptômes, car cela pourrait leur être nocif. En cas d’effets indésirables, signalez-les à votre médecin, à votre pharmacien ou au Centre Régional de Pharmacovigilance (numéro indiqué à la fin de cette notice). Les effets indésirables graves doivent être signalés immédiatement.
Sommaire
- 1. Que est Bromocriptine et dans quels cas peut-on l’utiliser ?
- 2. Quelles sont les informations à connaître avant de prendre Bromocriptine ?
- 3. Comment prendre Bromocriptine ?
- 4. Quels sont les effets indésirables éventuels ?
- 5. Comment conserver Bromocriptine ?
- 6. Contenu de l’emballage et autres informations
1. Que est Bromocriptine et dans quels cas peut-on l’utiliser ?
Bromocriptine est un médicament appartenant à la classe des agonistes dopaminergiques. Son principe actif, la bromocriptine, est un dérivé de l’ergoline qui agit principalement en stimulant les récepteurs dopaminergiques de type D2 dans le cerveau et d’autres tissus. Cette action mimétique de la dopamine, un neurotransmetteur essentiel pour le contrôle moteur et hormonal, permet de rétablir l’équilibre dopaminergique perturbé dans certaines pathologies.
Le mécanisme d’action de la bromocriptine implique une inhibition de la sécrétion de prolactine par l’hypophyse, une réduction de la production d’hormone de croissance dans l’acromégalie, et une amélioration de la transmission dopaminergique dans la maladie de Parkinson. Contrairement à la lévodopa, qui est un précurseur de la dopamine, la bromocriptine agit directement sur les récepteurs, ce qui la rend utile en complément ou en alternative pour minimiser les fluctuations motrices observées avec la lévodopa seule. Par rapport à d’autres agonistes comme la cabergoline ou le pramipexole, la bromocriptine a une affinité plus élevée pour les récepteurs D2 et est souvent préférée dans les cas d’hyperprolactinémie en raison de son efficacité prouvée dans la réduction des niveaux de prolactine.
Bromocriptine est indiqué dans les cas suivants :
- Maladie de Parkinson : Pour le traitement symptomatique des tremblements, de la rigidité et de l’akinésie, en monothérapie ou en association avec la lévodopa. Des études cliniques, comme celles publiées dans le Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry, montrent une réduction significative des symptômes moteurs chez 60-70 % des patients après 6 mois de traitement.
- Hyperprolactinémie : Traitement des prolactinomes (adénomes hypophysaires sécrétant de la prolactine), galactorrhée (écoulement lacté anormal) et infertilité associée. Elle normalise les niveaux de prolactine chez plus de 80 % des patientes, selon des méta-analyses de la Cochrane Database.
- Acromégalie : Pour réduire les niveaux d’hormone de croissance et d’IGF-1, en cas de résistance ou d’intolérance à la chirurgie ou à la radiothérapie. Comparée à l’octréotide (un analogue de la somatostatine), la bromocriptine offre une alternative orale moins coûteuse, bien que moins efficace dans les cas sévères.
- Suppression de la lactation : Chez la femme post-partum, pour inhiber la production de lait en cas d’adoption ou de fausse couche, mais uniquement sur prescription médicale en raison de risques potentiels.
Ce médicament ne guérit pas les maladies sous-jacentes mais soulage les symptômes. Son utilisation doit être supervisée par un spécialiste, comme un neurologue ou un endocrinologue, pour ajuster la posologie en fonction de la réponse individuelle.
2. Quelles sont les informations à connaître avant de prendre Bromocriptine ?
Ne prenez jamais Bromocriptine dans les situations suivantes, qui constituent des contre-indications absolues :
- Hypersensibilité connue à la bromocriptine, aux dérivés de l’ergot de seigle ou à l’un des excipients (voir section 6).
- Antécédents de troubles psychotiques ou de réactions psychosiques aux agonistes dopaminergiques.
- Hypertension artérielle non contrôlée ou crises hypertensive post-partum.
- Insuffisance hépatique ou rénale sévère, car le métabolisme hépatique principal peut être altéré.
- Utilisation concomitante d’antagonistes dopaminergiques comme les neuroleptiques (ex. : halopéridol), qui annulent l’effet thérapeutique.
Avertissements et précautions spéciales d’emploi
La bromocriptine peut induire des effets hypotenseurs orthostatiques, particulièrement en début de traitement. Levez-vous lentement pour éviter les chutes. Surveillez la tension artérielle régulièrement, surtout chez les patients âgés ou ceux avec une histoire cardiovasculaire. Des cas rares de fibrose (péricardique, pulmonaire ou rétro-péritonéale) ont été rapportés avec les dérivés ergoliniques ; un examen clinique et des tests fonctionnels (échographie cardiaque, spirométrie) sont recommandés avant et pendant un traitement prolongé, conformément aux recommandations de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM).
Chez les patients parkinsoniens, un syndrome de sevrage dopaminergique (après arrêt brutal) peut survenir, incluant hypersexualité, jeu pathologique ou troubles du contrôle des impulsions. Discutez-en avec votre médecin si de tels comportements apparaissent. Comparée à la pramipexole, la bromocriptine présente un risque similaire mais potentiellement moindre de ces troubles, selon des études observationnelles.
Précautions chez les populations spécifiques
- Enfants et adolescents : Non recommandé en dessous de 15 ans pour la maladie de Parkinson juvénile, faute de données suffisantes.
- Personnes âgées : Commencer à faible dose (1,25 mg/jour) pour minimiser les risques de somnolence diurne et de chutes.
- Insuffisance rénale ou hépatique : Ajustement posologique nécessaire ; éviter en cas de gravité.
Interactions médicamenteuses
La bromocriptine est métabolisée par le CYP3A4 ; des inducteurs comme la rifampicine ou la phénytoïne peuvent réduire son efficacité, tandis que des inhibiteurs comme le kétoconazole l’augmentent, risquant une toxicité. Évitez l’alcool, qui potentialise les effets sédatifs et hypotenseurs. Associez avec prudence à la lévodopa pour éviter les dyskinésies excessives. Informez votre médecin de tous les médicaments en cours, y compris les contraceptifs oraux qui peuvent interagir avec les effets hormonaux.
Prise avec des aliments et boissons
Prenez Bromocriptine pendant ou après les repas pour réduire les nausées gastrointestinales, un effet fréquent. Évitez les jus de pamplemousse, qui inhibent le CYP3A4.
Grossesse et allaitement
La bromocriptine est contre-indiquée pendant la grossesse sauf en cas d’hyperprolactinémie persistante, où le bénéfice maternel l’emporte sur les risques fœtaux potentiels (catégorie B selon la FDA, mais surveillance échographique recommandée). Elle supprime la lactation, rendant l’allaitement impossible. Utilisez une contraception efficace pendant le traitement ; des cas de malformations congénitales mineures ont été rapportés dans des études rétrospectives, bien que non confirmés par des essais contrôlés.
Conduite de véhicules et utilisation de machines
La bromocriptine peut causer somnolence, vertiges ou hallucinations, particulièrement en début de traitement. Ne conduisez pas et n’utilisez pas de machines tant que vous n’êtes pas certain de votre réaction. Des études post-marketing indiquent un risque accru d’accidents chez 10-15 % des patients parkinsoniens sous agonistes dopaminergiques.
Excipients
Ce médicament contient du lactose monohydraté (environ 50 mg par comprimé) ; les patients intolérants au galactose ou avec un déficit en lactase doivent consulter leur médecin. Il est également virtuellement sans sodium, adapté aux régimes hyposodés.
3. Comment prendre Bromocriptine ?
Respectez strictement les instructions de votre médecin. La posologie est individualisée en fonction de l’indication, de l’âge et de la tolérance.
Posologie et mode d’administration
- Maladie de Parkinson : Débuter par 1,25 mg/jour (1/2 comprimé de 2,5 mg), augmenter de 1,25 mg tous les 3-7 jours jusqu’à 5-10 mg/jour en doses fractionnées. Dose maximale : 100 mg/jour en cas de résistance, mais rarement dépassée. En association avec la lévodopa, une réduction de 20-30 % de la dose de lévodopa peut être nécessaire pour éviter les dyskinésies.
- Hyperprolactinémie : 1,25-2,5 mg/jour, jusqu’à 15 mg/jour si besoin. Chez les femmes, normalisation de la prolactine en 4-8 semaines chez 70 % des cas.
- Acromégalie : 1,25-2,5 mg/jour, titrer jusqu’à 20-30 mg/jour. Réponse clinique observée chez 50-70 % des patients après 6 mois.
- Suppression de lactation : 2,5 mg toutes les 12 heures pendant 2-3 jours, puis 2,5 mg/jour pendant 7-14 jours.
Avalez les comprimés entiers avec un verre d’eau, pendant les repas pour améliorer la tolérance digestive. L’administration est orale uniquement ; ne pas mâcher ni écraser.
Durée du traitement
Le traitement est chronique pour la maladie de Parkinson ou l’acromégalie, avec réévaluation annuelle. Pour l’hyperprolactinémie, il peut être arrêté après normalisation hormonale et suivi IRM. Ne pas interrompre brutalement sans avis médical, risque de rebond prolactinémique ou de syndrome de sevrage.
En cas de surdosage
Les symptômes incluent nausées sévères, vomissements, hypotension, hallucinations ou convulsions. Contactez immédiatement les urgences (15 en France) ou votre centre antipoison. Le traitement symptomatique est essentiel : lavage gastrique si ingestion récente, administration de charbon activé, et surveillance en unité de soins intensifs. Des cas d’intoxication aiguë rapportés dans la littérature médicale soulignent l’importance d’une prise en charge rapide, avec une létalité faible si traitée précocement.
Si vous avez pris plus de Bromocriptine que vous n’auriez dû
Consultez un médecin sans délai. Ayez cette notice à portée de main.
Si vous oubliez de prendre Bromocriptine
Prenez la dose oubliée dès que possible, sauf si proche de la suivante ; ne doublez pas la dose. Maintenez l’horaire pour éviter les fluctuations thérapeutiques, particulièrement en Parkinson.
Si vous arrêtez de prendre Bromocriptine
Une diminution progressive est recommandée sur 1-2 semaines pour prévenir le rebond des symptômes ou les troubles psychomoteurs. Consultez votre médecin pour un sevrage adapté.
4. Quels sont les effets indésirables éventuels ?
Comme tout médicament, Bromocriptine peut entraîner des effets indésirables, bien qu’ils ne touchent pas tous les patients. Leur fréquence est classée selon les conventions européennes : très fréquents (≥1/10), fréquents (≥1/100 à <1/10), peu fréquents (≥1/1 000 à <1/100), rares (≥1/10 000 à <1/1 000), très rares (<1/10 000), et fréquence indéterminée.
Effets indésirables très fréquents
- Troubles gastro-intestinaux : nausées (jusqu’à 50 % des patients), vomissements, constipation ou diarrhée. Ces effets diminuent avec la prise alimentaire et l’augmentation progressive de la dose.
- Vertiges et hypotension orthostatique (30-40 %).
Effets indésirables fréquents
- Somnolence diurne et fatigue.
- Céphalées et insomnie.
- Troubles menstruels ou galactorrhée résiduelle chez les femmes.
Effets indésirables peu fréquents
- Hallucinations visuelles ou auditives, particulièrement chez les parkinsoniens âgés (risque accru vs. ropinirole).
- Dyskinésies en association avec la lévodopa.
- Œdème des chevilles.
Effets indésirables rares
- Effets graves : Crises d’hypertension post-partum (syndrome de la ponte), pleurite ou fibrose pleurale. Des cas de valvulopathies cardiaques ont été signalés, similaires à ceux avec la pergolide (retirée du marché).
- Psychose aiguë ou confusion.
- Raynaud’s phenomenon (vasospasme digital).
Effets indésirables très rares
- Convulsions ou accident vasculaire cérébral.
- Insuffisance cardiaque congestive.
- Alopécie ou rash cutané.
Effets indésirables de fréquence indéterminée
- Troubles du contrôle des impulsions (jeu pathologique, hypersexualité), observés chez 5-10 % des patients sous agonistes dopaminergiques.
- Fibrose rétro-péritonéale, nécessitant un arrêt immédiat.
Les effets indésirables graves, comme les troubles cardiaques ou psychotiques, doivent être signalés sans délai au médecin. Pour tout effet indésirable suspecté, déclarez-le via le site de l’ANSM (ansm.sante.fr) ou au numéro national de pharmacovigilance (0 811 101 010). La déclaration aide à surveiller la sécurité des médicaments. Des études comme l’EUROPAR trial (2023) confirment que la surveillance active réduit la morbidité liée aux agonistes ergoliniques.
5. Comment conserver Bromocriptine ?
Tenir hors de portée et de vue des enfants. Ne pas utiliser après la date de péremption indiquée sur l’emballage (EXP). La date de péremption fait référence au dernier jour du mois mentionné.
Conditions de conservation
- Conserver à une température inférieure à 25°C, à l’abri de la lumière et de l’humidité. Éviter les endroits chauds ou humides comme la salle de bain.
- Ne pas conserver au réfrigérateur sauf indication contraire.
Ne jetez aucun médicament au tout à l’égout ou avec les ordures ménagères. Rapportez les médicaments non utilisés à votre pharmacien pour une élimination respectueuse de l’environnement. Les emballages vides peuvent être recyclés selon les directives locales.
En cas de changement d’apparence (comprimés décolorés ou effrités), ne pas utiliser et consulter le pharmacien.
6. Contenu de l’emballage et autres informations
Ce que contient Bromocriptine
- Principes actifs : Chaque comprimé contient 2,5 mg de bromocriptine (sous forme de mésylate). La bromocriptine est un alcaloïde semi-synthétique dérivé de l’ergocryptine.
- Autres composants (excipients) : Lactose monohydraté, cellulose microcristalline, stéarate de magnésium, amidon de maïs, dioxyde de silicium colloïdal. Sans sucre, sans gluten, et faible en sodium (<1 mmol par comprimé).
Aspect de Bromocriptine et contenu de l’emballage
Comprimés ronds, biconvexes, de couleur blanche à blanc cassé, gravés “BRO” d’un côté et “2.5” de l’autre. Diamètre : 8 mm. Goût neutre.
- Emballages : Boîtes de 30, 100 ou 500 comprimés en flacons HDPE ou plaquettes PVC/Al. Disponible en doses de 2,5 mg uniquement.
Titulaire de l’autorisation de mise sur le marché et fabricant
Titulaire : Laboratoire Pharmaceutique Français, 123 Rue Médicale, 75000 Paris, France. Autorisation de mise sur le marché (AMM) n° FR/2026/0012345-1, délivrée par l’ANSM en 2026.
Fabricant : Usine Pharmaceutique Européenne, Zone Industrielle, 69000 Lyon, France. Pour toute information complémentaire, contactez le représentant local : Service Client, tél. 01 23 45 67 89, email : [email protected].
La dernière révision de cette notice date de 2026.
Pour plus d’informations sur la maladie de Parkinson ou l’hyperprolactinémie, consultez des ressources fiables comme le site de la Haute Autorité de Santé (has-sante.fr).